Sushiman à la rescousse

Dans la vie d’un homme, il y a un temps où les chips dans l’armoire ne suffisent plus. Un instant à partir duquel les machinations de la grande distribution pour vous faire avaler des biscuits à l’huile de palme ne prennent plus. Dans ces moments là, vous avez besoin d’un justicier capable de vous caler l’estomac pour deux francs six sous, sans trop sacrifier votre santé et votre porte-monnaie.

Oui, il vous faut un héros. Montez le son.

Celle-là, il fallait que je la place. C’est ma chanson préférée après la bande originale du Dernier des Mohicans (qu’on trouvera aussi un moyen de caser prochainement, vous pouvez me croire).

Notre héros, c’est donc Sushiman. N’essayez même pas d’effacer les images de makis volant de votre esprit, c’est trop tard. On peut penser ce qu’on veut du nom de l’enseigne, le pari de remplir nos estomacs à bon compte et sans trop sacrifier la qualité nutritive est plutôt bien rempli par cette petite boutique japonaise. Cette dernière se présente sur son site comme un pionnier du riz vinaigré à Lausanne et revendique 3 boutiques dans le chef-lieu (rue de la Grotte, avenue de Cour et Flon).

suhsiman-thés

Au Flon, on trouve une sélection simple de barquettes toutes prêtes dont la principale caractéristique est d’être bon marché. Très peu de sushis (les pâtés de riz avec juste un morceau de poisson posé dessus), beaucoup de makis (les petits ronds rigolos pour les américains) et aucun sashimi (juste le poisson, le vrai truc du fin gourmet). L’omniprésence de l’avocat dans les préparations renforce encore le sentiment d’une échoppe qui propose une approche du sushi ultra-occidentalisée. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, il faut juste le savoir. Sushiman n’est pas une adresse de dandy mais bel et bien un snack qui mise beaucoup sur le prix. D’ailleurs, il n’y a pas du tout d’oursin à la carte, un met cher et prisé par les amateurs.

Ainsi, on peut se faire un repas sain et léger chez Sushiman pour seulement une dizaine de francs. À ce titre, les futomakis (de grands rouleaux) sont particulièrement intéressants. Ici, 5 tranches au saumon et à l’avocat (« Alaska » sur la carte) qui coûtent seulement 6.80 CHF! Evidemment, il ne faut pas s’attendre à avoir une qualité digne de Sukiyabashi Jiro ou des quantités de poisson gargantuesques.

suhsiman-saumon-avocat

Ici, on fait au plus simple et le goût n’est pas bouleversant. C’est évident lorsqu’on s’essaie aux algues wakame qui vous sont servies en salade ou agrémentent certains rouleaux. Leur saveur est un peu trop neutre et ça manque singulièrement d’assaisonnements (sésame, piment, etc.).

sushiman-spécial

Pas tellement mieux pour le kimchi (3.50 CHF) qui est honnête, pique un tantinet, mais ne casse pas trois pattes à une Bonnie Tyler en furie. À ce prix, ça reste honnête.

suhsiman-kimchi

Arrivent les futomakis du chef qui semblent conçus pour liquider tous les restes du stock. On y trouve pêle-mêle du surimi, du saumon, de l’omelette, de l’avocat, du thon, des oeufs de poisson et du concombre. Un melting pot coloré, onctueux en bouche, dont le résultat gustatif est plutôt savoureux à défaut d’être racé. Là encore, pas de quoi danser en robe devant une maison qui crame. Mais je suis sorti content.

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En plus des sushis, on apprécie le large choix de boissons, particulièrement de thés verts (3.50 CHF), qui permet à Sushiman de devancer la plupart de ses concurrents dans le domaine. Cela s’explique par le fait que l’établissement comprend un petit magasin qui, si il est limité, ne manquera pas de tenter les visiteurs curieux de ramener quelques friandises originales, une sauce ou même un objet décoratif japonais.

Fait important, il est possible de s’asseoir (pour le même prix!) et l’amabilité est de mise. Notez aussi que c’est fermé le soir. Vous l’aurez compris, si cette critique n’est pas dithyrambique (Ça vous changera, hein!), ce n’est pas pour autant qu’il faut rayer le super-héros du poisson cru de sa liste. L’endroit vaut pour sa formule optimisée et la possibilité de s’y restaurer correctement sans saigner 3 jours du porte-monnaie. Indiqué en particulier pour une pause de midi.

 
Sushiman
Rue du Port-Franc 20, 1003 Lausanne
021 543 06 73
Site Internet

4 Responses to “Sushiman à la rescousse”

  1. Pierrick juillet 24, 2015 at 07:58 #

    Ah Sushiman – forcément pas la qualité qu’attendrait un puriste de la nourriture Japonaise, c’est certain. Par contre j’ai d’excellents souvenirs sur la présentation et le service.
    Y’a eu 2-3 fois ou j’étais en mode Sumo et j’ai été satisfait à la fin du « repas » 🙂

    Au passage, puis-je me permettre de te conseiller Oniwa (Av. de Tivoli 8, Lausanne) si tu n’y es jamais allé ?

    • Lukas Menal juillet 28, 2015 at 20:13 #

      J’y suis allé 1 fois, mais le hasard a fait que je n’ai rien écrit. Il mérite bien un article, j’espère y retourner pour corriger ce manque.

  2. Steph juillet 24, 2015 at 14:41 #

    La qualité est malheureusement aléatoire. La dernière fois j’ai eu un maki à l’avocat pas mûre. je ne savais pas qu’un avocat pouvait être aussi dur…

    • Lukas Menal juillet 28, 2015 at 20:14 #

      Pas étonnant. Je pense que la qualité des ingrédient est basique. Forcément, ça limite pas mal pour avoir une qualité régulière avec les produits frais de ce genre.

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