Isshin Sushi, cuisine coréenne à Lausanne

Je ne vous félicite pas. Isshin Sushi propose de la cuisine coréenne depuis plusieurs mois, place Chauderon, et personne ne me dit rien. Moi qui attend ça depuis des lustres, on ne juge pas utile de m’informer. En fait, il semble que la clientèle ne s’intéresse pas à ce qu’elle considère comme un énième restaurant asiatique sans intérêt. Isshin est d’ailleurs plutôt vide un jeudi soir alors qu’on sait que Lausanne manque cruellement de kimchi et autres bulgogis. Heureusement que Feel the Food est là pour en parler et faire entrer ce resto nippo-coréen dans ma ligne de mire.

Reconnaissons qu’il n’aurait pas fallu le baptiser Isshin Sushi si on ne voulait pas qu’il soit confondu avec l’armada d’adresses à poisson cru pas toujours terribles qui constellent le chef-lieu vaudois. La carte propose, certes, une vaste palette de nigris et autres makis, à priori plutôt corrects d’ailleurs, mais j’ai déjà mes adresses pour ça. Ici, il y a  bien d’autres plats excitants pour ne pas succomber à l’appel du sashimi. En fait, Isshin Izakaya aurait été un nom plus correct pour ce petit spot qui se prête bien à la dégustation de plats à partager autour d’un verre.

Ce titre d’izakaya, très honorifique de mon point de vue, est encore plus justifié quand on sait que notre « bar à tapas » asiatique propose de la Kirin à la pression. Ah, quel bonheur de retrouver cette bière douce et pétillante! A vous les belles chopes glacées qui s’enchaînent au fil d’une succession de mets gourmands. Rien que pour ça, je suis déjà sous le charme de cet endroit.

Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, je précise quand même qu’Isshin parvient à proposer des sushis originaux comme en témoigne Feel the Food dans son article. Ceux-ci méritent largement une place à votre table. Le One Night Stand (20 CHF) est un long roll au bœuf flambé à la vodka. L’Uramaki fraîcheur (14 CHF) introduit de la pomme dans une farce crevette et avocat. C’est définitivement à tenter, mais pour ma part, je me suis concentré sur d’autres zones de la carte.

Surprise, on commence par un détour au Népal avec les momos (7.50 CHF / 3 pièces). Ces petits raviolis à la vapeur sont une déclinaison de la fameuse spécialité chinoise mâtinée d’influences indiennes. Elles sont confectionnées à partir de pâte de blé remplie d’une farce de viande de porc aux épices (on reconnaît bien la cannelle). Ce ne serait qu’une sympathique déclinaison d’un plat finalement classique si ce dernier n’était pas accompagné par une légère sauce crue à la tomate, piment et coriandre. Un mariage entre le goût réconfortant des dumplings et la fraîcheur de la sauce qui donne tout son charme à ce hors-d’oeuvre original.

isshin-momo

Les tempuras d’aubergines sont aussi à la hauteur. Des tranches épaisses et coupées dans la longueur aux trois quart pour permettre à la pâte à beignet de bien pénétrer les interstices tout sans perdre le goût du légume. Les beignets de courgette et champignon de Paris sont bons aussi. Les crevettes panées, elles, m’ont moins emballé car d’aspect un peu industriel. Je chipote car elles sont parfaitement frites. D’ailleurs, il y a un test pour ça: Si vous pouvez manger la queue sans problème, c’est du tout bon!

isshin-tempura

On continue notre menu façon izakaya avec l’assortiment de brochettes: agneau, calamar, rognons et cœurs de poulet. Oui, vous lisez bien, du cœur de poulet. J’en étais tout bouleversé. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cet abat est un des plus abordables car sa texture et son goût sont relativement proches de la viande contrairement au foie, aux tripes ou à la cervelle.

Les brochettes sont servies avec une poudre de piment très forte qui ravira les palais aguerris. Il suffit de tapoter son morceau dans le mélange pour y ajouter le degré de piquant souhaité.

isshin-brochettes

Mais alors le truc qui m’a complètement ravi, c’est la mayonnaise rose, cuisse de nymphe émue, disposée de chaque côté de la jolie tuile de présentation. Je n’avais jamais vu ça et c’est un détail qui dénote bien la nature festive et le souci de charmer le client dont fait preuve l’équipe du Isshin. Dans la photo ci-dessous, on me voit tremper ma brochette de cœur dans la mayo. Toup-toup.

isshin-coeur-de-poulet

Notez la caramélisation des brochettes. Elles sont, en plus, agrémentées de cumin pour les fines tranches d’agneau et de sésame pour les rognons et le calamar. Vendu autour d’une trentaine de francs, ce plat n’est quand même pas donné si on considère qu’il n’y a pas d’accompagnement. Ceci est toutefois largement compensé par le niveau de prix très raisonnable de tout le reste de la carte.

La même critique n’est donc pas valable pour le délicieux bibimbap qui sera à vous pour seulement 21 CHF. Il arrive, comme il se doit, grésillant sur la table accompagné d’une sauce piquante. Pousse de mungo, courgette, kimchi, carotte, œuf au plat et bœuf grillé servis généreusement sont les ingrédients de ce plat au rapport-qualité extra. Le patron ne manquera pas de vous instruire sur la façon de bien mélanger l’oeuf au riz afin d’atteindre la consistance idéale.

isshin-bibimbap

Je garde le meilleur pour la fin. J’ai été bluffé par le tartare à la coréenne (14 CHF en entrée). J’ai rarement vu une coupe aussi épaisse pour un tartare. Et je fais partie de ceux qui apprécient ça, vous vous en doutez. La viande est légèrement assaisonnée à la coréenne (probablement du gochujang) sans l’ajout d’oignon ou autre crudités. Il en résulte un plat très axé sur le goût de la viande avec juste ce qu’il faut de twist épicé. Avec de véritables toast au sésame grillés, c’est une franche réussite et peut-être le premier tartare « exotique » que j’apprécie autant que l’original.

isshin-tartare

Ces plats sont juste la pointe de l’iceberg et Isshin réserve encore nombre de surprises. Que ce soit les grillades, les spécialités coréeennes ou les udons, on a juste envie de revenir pour tout goûter. Et c’est ce que je vais faire d’ailleurs. En plus, il faut profiter tant que c’est peu rempli, ça ne durera peut-être pas.

 

RESTAURANT ISSHIN SUSHI
Place Chauderon 30
1003 Lausanne
Tél: 021 624 82 21

19 Responses to “Isshin Sushi, cuisine coréenne à Lausanne”

  1. Manuel octobre 22, 2014 at 23:02 #

    Cela fait un petit moment qu’il est apparu, déjà, et passe devant régulièrement. La carte m’a parue intéressante surtout pour ses spécialités coréennes et népalaises mais je n’ai jamais créé l’occasion d’y aller. Ton billet me montre que c’était une erreur et vais tâcher de ne pas attendre trop encore ^^

  2. funambuline octobre 23, 2014 at 10:27 #

    C’est devenu ma cantine, j’ai de la chance, c’est sur mon chemine pour rentrer à la maison et tout ce qui est à la carte est à disposition à emporter. Le bibimbap est la définition même de la confort food !

    Par contre, pour moi ce n’est pas un restaurant coréen, c’est un restaurant fusion, il mélange plusieurs influences, dont pricipalement Corée, Japon et Chine, mais aussi USA… ses sushis recouvert d’oignons frits et de sauce barbecue sont surprenamment délicieux d’ailleurs.

    Un détail encore qui me titille… les momos sont une spécialité tibétaine… pas chinoise #FreeTibet

    • Lukas Menal octobre 26, 2014 at 12:19 #

      Oui,c’est un resto fusion ou pan-asiatique qui mélange beaucoup de choses. Je ne voulais pas dire le contraire. J’ai mis en avant les plats coréens car c’est l’angle de mon article et mon enthousiasme personnel. Ce n’est peut-être pas clair dans l’article.

      Quant au momo, je parle spécialité du Népal. Mais je vois maintenant que c’est aussi un plat national tibétain.

      Merci pour ces précisions!

    • Kodiak octobre 28, 2014 at 07:16 #

      Les momos, tant de souvenir dans l’himalaya… son goût si étrange, son resto de bord de route si typique, son hygiène si douteuse… à 4’500, ces sal****rie on bien manqué d’avoir ma peau. Et bien écourté mon séjour.

      • Kodiak octobre 28, 2014 at 07:17 #

        tout ça pour dire qu’il vaut sans doute mieux les goûter ici que sur place;)

        • Lukas Menal octobre 28, 2014 at 13:40 #

          Je suis content que t’en soit revenu en un morceau! Et on t’en voudras pas si tu commandes pas ça au Isshin. 😉

  3. Feel the Food octobre 23, 2014 at 18:21 #

    merci pour le link, c’est super apprécié !

    Je suis heureux que ça t’ait plu car ce lieu est magique comme les propriétaires.
    J’ai également flashé sur la kirin pression. Je partage ton avis sur l’Izakaya. Ce serait plus prometteur pour toutes les personnes qui ont eu la chance d’aller au Japon.

    Te lire me donne très faim, bravo !

    A bientôt

  4. kwtran octobre 23, 2014 at 22:01 #

    J’avais pourtant fait un article dessus lors de son ouverture début janvier :p

    • Lukas Menal octobre 26, 2014 at 12:21 #

      Honte à moi. Je l’avais lu à l’époque mais je n’ai pas fait le rapprochement.

  5. La semaine d'une gourmette octobre 24, 2014 at 11:34 #

    Miaaaaaam ! Je suis passée plusieurs fois devant mais j’ai effectivement bêtement cru qu’il s’agissait d’un énième restau à sushis bof. Merci pour le pointeur !

  6. La semaine d'une gourmette novembre 10, 2014 at 12:22 #

    Testé samedi. Meci pour l’adresse, c’était vraiment bon ! On s’est partagé deux assortiments d’entrée à 4, avec des ailerons de poulet frits, des crevettes en beignets, et les fameux momos (une tuerie !). Après j’ai pris un bibimbap (orthographe ?), miam, avec la croûte de riz bien croquante au fond à la fin… Sinon, j’ai pu goûter chez mes voisins, l’anguille est super bonne. Les prix sont très raisonnables, ils sont sympas, leur Doral ouvert est franchement agréable, bref, j’adopte !

    • Lukas Menal novembre 10, 2014 at 20:05 #

      Content que ça t’ait plu! Figure toi que j’y étais aussi samedi pour fêter mon anniversaire entre amis!

  7. Luca Mancini décembre 26, 2014 at 19:19 #

    Merci beaucoup l’ami !!!! Moi qui ai voyagé longtemps en Corée, j’attendais de trouver un tel restaurant depuis des lustres aussi ! Merci à toi, ton site est génial. Bonne suite !

    • Lukas Menal janvier 3, 2015 at 14:27 #

      Merci pour le compliment. J’espère que tu y trouveras ton bonheur. Attention tout de même. J’ai beau être très enthousiaste, je doute que cette cuisine soit à la hauteur de tes meilleures expériences coréennes 😉

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