Inglewood: Un burger de restaurant

Pour beaucoup d’amateurs, le hamburger, c’est avant tout la viande. Une réalité qui explique le succès de Inglewood et sa réputation hors du commun. Je les ai visités le jour de leur ouverture à Lausanne et c’est bien la qualité du steak qui m’a frappé. Un épais palet au goût de bœuf prononcé. Plus que le choix de bons fournisseurs de la région, c’est la cuisson rosée qui fait toute la différence. La mâche est juteuse et tendre à la fois. La surface bien colorée prouve que le processus est maîtrisé de bout en bout.

Pour ma part, en matière de hamburger, je suis plutôt sensible à l’équilibre des goûts. J’aime quand les saveurs se mélangent pour arriver à quelque chose qui est plus grand que la somme de ses parties. Pour tout dire, si je veux du bon bœuf bien pur, je me tourne plutôt vers une entrecôteC’est là que j’émets une réserve sur le Pasadena (15.90 CHF) qui m’a été servi. Le sandwich, un cheeseburger, est tout en hauteur, rond et tassé. Du coup, trop souvent, on se retrouve avec la sensation de manger beaucoup de chair en proportion du reste.
Mais ça s’explique: Pour avoir un résultat à la fois rosé et bien grillé à l’extérieur, on est obligé d’avoir une certaine épaisseur. Avec une tranche fine, vous n’avez pas le temps de faire une croûte à votre pièce qu’elle est déjà à point au centre.

Autre problème lié à la verticalité de ce sandwich: la difficulté de le manger avec les mains et le regret qui étreint le client contraint de se saisir de ses couverts pour manger comme un adulte. Ce « défaut » se retrouve d’ailleurs au Double R qui sacrifie au gigantisme et à la coloration ultra prononcée le côté pratique de la dégustation.

Que ça n’empêche pas Inglewood, tout comme le Double R, de figurer parmi les meilleurs.

inglewood-pasadena

En effet, en plus de proposer une excellente viande hachée, la franchise genevoise soigne chacun de ses autres ingrédients. Le bun, bien-sûr: un ballon plus qu’un pain au lait qui comporte une fine croûte légèrement craquante qui l’éloigne des canons édentés de la malbouffe. En plus, chez Inglewood,  ils sont pavot plutôt que sésame, comme moi!

Niveau garnitures, c’est frais. Une tranche de tomate, de la laitue et des oignons rouges. Ces derniers sont taillés très finement – c’est une bonne chose – mais un tantinet trop discrets pour les bourrins de mon genre élevés au kebab de quartier et au Whopper double oignon blanc.

Mais là où j’ai été vraiment séduit, c’est avec le cheddar. Non, je ne veux plus rien savoir du gruyère et du vacherin mont-d’or dans mes trucs américains. Voici la liste des choses que j’accepte désormais: cheddar, salade, tomate, oignon, cornichon, avocat, bacon (limite, ça va pour les lendemain de cuite quand t’as le palais brûlé), œuf au plat, piment. Au diable le reste, y compris le poulet et la tapenade. Surtout la tapenade. J’aime mon bon vieux cheddar parce qu’il met en valeur ma viande, qu’il épouse son contour, qu’il est orange et anglo-saxon. Là encore, si je veux du frometon de gourmet, je mange une fondue.

Tout ça pour dire que le fromage orange d’Inglewood, et ben il est excellent. J’aurais aimé avoir 2 tranches mais, à ma grande surprise, une seule a suffi pour que ce Pasadena se pare d’un super goût cheesy. En questionnant le serveur (j’étais épaté à ce point), il m’affirme que le truc vient spécialement d’Angleterre, sans pouvoir ressortir le nom exact du producteur. Une certitude: c’est du bon et la prochaine fois j’en demande un supplément.

inglewood-pasadena-coupe

Seule déception, la sauce signature « iwood », est plutôt insipide. Elle ressemble à un mélange de ketchup et de mayonnaise légèrement relevé. Ça fonctionne mais manque un peu de punch si on la compare à des créations comme la sauce Jack Pepper du Double R.

Pour finir, toutes les assiettes sont servies avec salade et frites. Une politique bienvenue qui équilibre le repas tout en permettant d’apprécier des bâtonnets de patate frite visiblement maison mais pas tout à fait croustillants. La salade est un mesclun croquant et sa sauce moutarde ancienne se révèle discrète mais réussie.

inglewood-frites

La qualité des assiettes, les prix, le service à table, beaucoup de choses chez Inglewood nous rappellent que le fast-food est désormais bien loin et que le restaurant de quartier se rapproche de plus en plus. Je ne suis pas un fervent partisan de remplacer les pintes par de la street-food de luxe mais il faut reconnaître que l’expérience est agréable. L’équipe au service, en plus d’être constituée de beaux gosses, est vachement cool, façon snowboarder, tatouage et casquette. Pour autant leur service s’est avéré particulièrement professionnel, aimable et pas trop familier. Lorsque je pense au serveur qui annonce d’entrée un éventuel retard en cuisine alors que l’attente reste relativement raisonnable, j’ai envie de dire exemplaire pour un jour d’ouverture.

inglewood-salle
Reste les prix qui rattrapent gentiment les pizzerias. Comptez 20 à 25 CHF pour une assiette avec boisson. Si je ne vois pas bien l’utilité d’aller me fourvoyer avec les créations ubuesques et plus onéreuses au fromage de chèvre alors qu’il y a ce super cheddar bon marché, je vous pose les 22.90 CHF du Buffalo (au bison) ou les 18.90 CHF du Mexicano « B » (avocat et salsa) quand vous voulez.

On dit qu’une adresse est jugée bonne à l’envie qu’on a d’y retourner. Si c’est vrai, je crois que je peux dire qu’Inglewood est un bon restaurant. Il se place définitivement dans le peloton de tête à Lausanne aux côté de Zoo Burger qu’il vient directement concurrencer sur le terrain du restaurant à burger branché qui a de l’âme.

Qu’on soit clair, tout ça, c’est de la daube par rapport à un double chesseburger. Mais même les rois ne régatent pas face aux dieux de l’Olympe. Dont acte.

 

Inglewood
Rue Saint-Laurent 14
1003 Lausanne
Site internet

15 Responses to “Inglewood: Un burger de restaurant”

  1. hotdeal août 7, 2015 at 01:05 #

    c est cher

  2. La semaine d'une gourmette août 7, 2015 at 08:24 #

    Ouaip, le hamburger à 20 balles, quand même…
    Je file manger un bon steak, tiens 😉

    • Noisequik août 7, 2015 at 13:01 #

      +1 c’est ce que j’ai payé pour 1kg de filet de rumsteak en France.

      • Lukas Menal août 10, 2015 at 19:25 #

        La réponse à ça, c’est que le prix de revient d’une pizza n’est probablement pas plus grand et pourtant les prix décollent. Mais je vous comprends.

        • La semaine d'une gourmette août 11, 2015 at 10:35 #

          Ah mais je suis bien d’accord, et je ne mange de pizzas au restaurant qu’en Italie ou dans les querlques pizzerias où je les trouve vraiment exceptionnelles (Gigio’s à Lausanne, O’Scià à Paris, pour ne pas les citer), sinon je les fais à la maison !

  3. HarryJoe août 7, 2015 at 10:03 #

    J’ai pensé tout pareil que toi: leur sauce iwood est fade et les frites bof, mais le reste top ! En tant qu’amateur de viande saignante, j’ai été plus que ravi d’enfin trouver un burger qui soit bien rosé et juteux 🙂 et fat gourmandise: l’oeuf, niquel.
    Par contre coté service j’ai dû attendre 30 minutes… même si c’est plus « resto » que le MacDo ou HolyCow, je trouve sa quand même bien long pour un burger, mais c’était le lendemain de l’ouverture alors c’est pardonné 😉

    • Sabrina août 8, 2015 at 22:18 #

      Moi qui suis plusieurs fois allée à ceux de Genève, midi ou soir, l’attente, c’est normal 🙂

    • Lukas Menal août 10, 2015 at 19:27 #

      Je pense en effet que c’est le prix à payer pour un burger « restaurant ». Je pense que ça va rester à peu près comme ça au niveau de l’attente.

      Merci pour le retour.

  4. Séb août 7, 2015 at 16:05 #

    Quoi? un burger que l’on ne peut pas manger avec les mains? Sacrilège 😉 M’enfin s’il est bon c’est ce qui compte mais c’est vrai que pour une question d’équilibre des goûts je préfère pouvoir le manger avec les mains.
    Merci pour ce compte rendu qui donne envie!

  5. Noisequik août 8, 2015 at 15:09 #

    J’y suis en ce moment et c’est franchement pas mal. Les frites très bonnes, comme je les fais à la maison… 😉

    Service à table et couverts, très bien. On savoure + qu’au Holly Cow selon moi car on prend son temps.

    Hamburger Mexicano bon mais j’aurais fait encore + relevé 😉

    Testé et approuvé.

    • Lukas Menal août 10, 2015 at 19:27 #

      Nice! Thanks for the feedback!

      • Noisequik août 10, 2015 at 21:43 #

        En fait, tu as raison, le problème est qu’il est difficile de manger toute la hauteur du burger en même temps avec une fourchette. Du coup, j’avais soit que du guacamole, soit que de la sauce mexicano.

        Le second problème, c’est que j’ai du mal à payer ce prix pour de la viande hachée. Un plat semblable (sans la qualité maison/produits locaux) coûte 12.– au restaurant Migros, 8€ dans une cafétéria en France.

        Mais j’ai passé un bon moment et j’ai même eu un très bon espresso, je pense pas que ça soit possible à la Vache Sacrée.

  6. Viba août 20, 2015 at 17:04 #

    Testé ce midi, et j’ai trouvé excellent. Manger un bon burger assis et pas dans le stress d’un fastfood, c’est top. Un accueil vraiment charmant. Et en dessert un oreo cheesecake à tomber. J’y retournerai. Et on sent la fraîcheur des produits. Si l’attente est longue c’est parce que tous les burgers sont cuits minute, rien n’est cuit d’avance.

  7. Franckie août 29, 2015 at 15:45 #

    Je confirme, top et frais ! Dommage que ça soit un peu trop « petit » et qu’on ne puisse pas réserver, à 18h45 le lieu est plein…

Trackbacks/Pingbacks

  1. Sauce-Piquante.ch - Inglewood - janvier 27, 2016

    […] Les articles sur Inglewood Le Petit Chou Guérilla Gourmande […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *