Incursion genevoise: Auberge Le Renfort à Sézegnin

Pour les guerilleros, c’est toujours plus facile d’agir en terrain connu. Malgré tout, il faut parfois savoir faire des incursions en zone ennemie pour mieux surprendre l’adversaire. C’est ce que j’ai fait dernièrement avec une belle découverte à la clé: Le Renfort.

L'Auberge du Renfort vue de l'extérieur

C’est dans la campagne genevoise, à Sézegnin, que je me suis rendu pour découvrir une auberge traditionnelle charmante. A première vue, on y devine les nombreux festins qui ont dû émailler la vie du bâtiment au fil des années. En poussant la porte, l’impression est la même: une authentique décoration d’auberge de village. Presque un trou de hobbit dans lequel on aimerait se terrer tout l’hiver sous les bons soins du cuisinier et de la cave à vin. Accueil chaleureux par les patrons, Laurent et Martine Garrigues-Monney. Lui en cuisine, elle en salle. Tout au long du repas, jusqu’au bonbon proposé en tenant la porte à notre départ, ce sens du service ne sera jamais démenti.

Dans la salle principale, de grands panneaux de bois nous content l’histoire  des trois villageois de Sézegnin qui débarquèrent en retard  pour la fameuse bataille de l’Escalade. L’histoire du Renfort de Sézegnin. Pas brillant pour le coup. Mais il faut croire que, s’ils sont arrivés en retard, c’est parce qu’ils étaient un peu rond d’avoir trop bien mangé et trop bien bu.

Voilà comment ça se passe à Sézegnin.

A peine assis que voilà de jolis amuse-bouches qui atterrissent sous notre nez déjà tout émoustillé par l’ambiance du lieu.

Amuse-bouches au Renfort de Sézegnin

Ce duo propose une touche d’exotisme pour commencer le repas avec peps. A ma gauche, un beignet de crevette doré dans une fine feuille de bricks. A ma droite, la petite brochette de viande hachée délicatement épicée, façon kebab. Deux déclinaisons de classiques de la street food, tout en finesse. La sauce crémeuse et légère rappelle le tzaziki mais, encore une fois, dans une version améliorée. Tout est très bon et visiblement maison.

Nous poursuivons avec le tartare de saumon label rouge « d’Ecosse » aux fines herbes qui, pour faire hommage à la spécialité du lieu, est servi sur ardoise.

Renfort_tartare

L’assaisonnement crémeux de ce tartare est équilibré par une brunoise de tomate et des fines herbes. Des algues wakamé rendent le plat percutant et ajoutent la touche canaille qui fait la différence. Une belle réussite que j’aurais pu manger 3 fois.

Heureusement que je ne l’ai pas fait car, à l’arrivée du filet de bœuf sur ardoise, mon sang n’a fait qu’un tour. Sur ardoise! Sur deux gros tronçons d’os à moelle, ouais!

Le filet de boeuf sur ardoise au Renfort de Sézegnin

Comme dirait Nestlé: « Good Food, Good Life ». Autant l’amuse-bouche et l’entrée, tout bons qu’ils étaient, pouvaient faire penser que cette auberge avait basculé complètement dans la cuisine fusion, autant ce plat, c’est le retour de la tradition en fanfare. Avec les 3 mecs de Sézegnin en retard et tout.

Pour bien manger votre ardoise, il vous faudra deux outils: Pour saigner la bête, on vous donne un gros couteau bien affûté. Un truc de dur à cuire.

Renfort_couteau

Pour vous éviter d’avoir à essuyer le sang sur votre chemise, on vous donne aussi une bavette de poupon. Il faut dire que la pierre est brûlante et que ça gicle de partout, surtout quand vous faites revenir un peu votre moelle, comme je l’ai fait. C’est ça la vie de guerrier qui arrive à la bourre. Notez que toutes les informations pratiques se trouvent sur la ladite bavette.

Renfort_bavette

La sauce béarnaise, la petite gousse d’ail sur son gros sel, les pommes de terre au romarin (dont certaines était trop cuites et un peu écrasées), la jardinière si joliment présentée, il y a le souci du détail. Je mange difficilement l’os à moelle à la cuillère. Mais son goût de noisette accompagne à la perfection un morceau maigre comme le filet. Et vingt dieux que c’est bon de manger ça dans une belle auberge! Cette moelle, c’est le petit coup d’irréductibilité qui rend l’expérience particulière et vous fait dire qu’il y a un peu d’histoire dans ce lieu, qu’on abandonne pas comme ça les vieux chevaux à Sézegnin. Enfin, vu les types, ils doivent aussi les bouffer de temps en temps, les chevaux. En somme, un plat délicieux et généreux.

Vous avez deux autres raisons de visiter cette adresse un peu reculée. Premio, le foie gras de Laurent Garrigues, vendu à l’emporter. Deuxièmo, les burgers à l’emporter vendus à prix démocratique, notamment le « Baguel » Burger de canard (16 fr.).

Sur ce, je vous laisse organiser votre doodle pour y aller. Au revoir.

 

Le Renfort

Laurent & Martine Garrigues-Monney
1285 Sézegnin (Athenaz)
t022-7561236
info@renfort.ch

4 Responses to “Incursion genevoise: Auberge Le Renfort à Sézegnin”

  1. funambuline septembre 27, 2013 at 00:17 #

    Des os à moelle sur ardoise ? J’ai envie de dire putain de bordel de merde, excuse my french.

    • Lukas Menal septembre 28, 2013 at 12:34 #

      C’est vraiment LE truc qui m’a enthousiasmé dans ce repas.

  2. Manuel septembre 27, 2013 at 21:21 #

    ça c’est du repas de champion !
    très beau mélange de créativité/modernité avec une finesse assez innatendue et de solide authenticité.

    La moelle à l’ardoise, cela doit être particulièrement goûteux!

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