Coup d’œil au Maharaja à Lausanne

Le Maharaja est probablement le traiteur indien le plus connu à Lausanne. À l’entrée de l’Avenue de France, la boutique est tenue par un homme pas très causant et d’un sérieux à toute épreuve. Ces abords austères n’empêchent pas ce lieu de proposer une vaste carte aux couleurs de l’Inde, aussi variée qu’appétissante. Ici, c’est la cuisine du Penjab qui est à l’honneur. Si vous ne faites pas partie de ces gens qui ont passé un demi-mois en Inde, ça ne vous dit probablement rien. Il suffira de dire que c’est la cuisine régionale indienne la plus répandue dans nos contrées. Poulet Tandoori, naans et butter chicken sont donc bien au rendez-vous.

Gosht Curry au Maharaja

Evidemment, ce n’est pas le choix que j’ai fait. J’ai toujours cette manie de vouloir absolument tester les plats spéciaux de la carte. J’aime à penser que le chef de cuisine cache ses secrets les mieux gardés derrière des appellations obscures et peu engageantes. Seuls ceux qui sont assez courageux pour braver l’inconnu et prendre tous les risques sont récompensés par un plat unique et délicieux à nul autre pareil. Sauf que ça ne marche pas à tous les coups.

Cette fois-ci, il n’y avait qu’une seule proposition, sur la cinquantaine de plats de la carte, qui comportait la mention « spécialité de la maison ». Le Gosht curry (20.50 CHF) est un ragoût d’agneau au curry dit « exotique ». Mais c’est malheureusement une petite déception. La couleur intense et le goût, d’ailleurs pas si surprenant, de l’épaisse sauce est un peu gâché par un assaisonnement légèrement trop salé. Autre souci – mais là, c’est difficile d’en tenir rigueur au chef -, j’aime l’agneau plus gras, en particulier dans le cadre de cuissons longues. Dans notre pays rempli de bouffeurs de protéine pure (bonjour le steak de cheveal), le client va évidemment crier au scandale, ou pire à l’arnaque, si la proportion de graisse dépasse 3 %. Bref! Ce curry était néanmoins épicé avec finesse et j’y ai bel et bien senti de ces arômes indéfinissables qui caractérisent les plus belles créations indiennes. Au final, à part pour cette histoire de sel, j’ai plus l’impression de ne pas avoir choisi le plat qui me convenait.

Palak paneer au Maharaja

Peut-être que j’aurais dû me diriger vers un des plats du jour. Du lundi au vendredi, 2 propositions à la viande (15.50 CHF à emporter) et 2 propositions végétariennes (14.50 CHF à emporter) sont à votre disposition à un prix nettement en dessous de la carte permanente. La bonne nouvelle, c’est que c’est aussi valable le soir. Une politique de prix qui risque de mettre le lave-vaisselle au chômage plus souvent qu’à son tour. Le jour de notre visite, le Palak paneer, du fromage indien trempé dans un curry au épinards et accompagné d’une sauce type yaourt, est d’une belle fraîcheur. C’est bien équilibré pour un souper relativement léger tout en restant orienté plaisir. C’est en goûtant ce plat que je me rappelle que la tradition végétarienne indienne a donné naissance à une cuisine réellement savoureuse dans laquelle la viande ne manque pas un instant.

Pakoras et samosas au Maharaja

D’ailleurs, cette constatation se vérifie aussi avec les samosas (7.50 CHF/ 3 pièces). Si ceux au thon ou poulet sont savoureux et gourmands, la version végétarienne leur est supérieure en texture comme en goût. En outre, vous ne manquerez pas de succomber aux trois coins bien croustillants qui permettent de commencer et finir chaque beignet dans la félicité.

Pour continuer dans le croustillant et le végétarien, les pakoras d’aubergine (7.50 CHF / portion) sont les meilleurs que j’ai goûté au fil de ma modeste expérience de cette cuisine. En les voyant lézarder à travers la vitre du comptoir, on s’attend à quelque chose de plutôt mou et un peu passé. C’est sans compter sur la maîtrise du chef, qui sait visiblement conserver une texture de première fraîcheur à ses préparations. Si on ajoute à ça l’assaisonnement au poil, et le chutney maison, on se retrouve avec un exemple de cuisine de rue savoureuse et bon marché. Un petit coup de cœur.

Vu la qualité de ces préparations, je regrette de ne pas avoir pu tester le Bhindi bujhia (17.50 CHF), des okras sur un lit d’oignons frits accompagnés de crème fraîche et d’épices. Il n’y avait pas d’okras ce soir là car « les légumes n’ont pas été très demandés cet été ». Pour voir les choses du bon côté, ça démontre, au moins, que les produits sont frais. D’ailleurs, on peut voir le cuisiniers s’affairer sur des légumes dans l’arrière-boutique. Et puis, c’est une raison supplémentaire, s’il était besoin, de revenir au Maharaja pour un second round. La vaste carte le justifie très largement.

Pour finir, le tableau ne serait pas complet sans parler de ces supers papadums, salés, ultra-croustillants et blindés au cumin. Comme apéritif ou pour accompagner vos plats, c’est offert avec chaque commande. Que demande le peuple?

Si cette première découverte n’a pas été sans une petite déconvenue, le Maharaja a su conquérir mon esprit gourmand, instillant en moi l’envie de revenir pour découvrir d’autres secrets du menu et peut-être des plats de viande plus à mon goût. Dans tous les cas, c’est une adresse à recommander pour qui veut chopper quelque chose à l’emporter. A ce stade de connaissance, je vous recommande particulièrement les fritures et les plats végétariens… en attendant de nouvelles découvertes.

 

Maharaja
Avenue de France 2
1004 Lausanne
Tél: 021.624.30.33

8 Responses to “Coup d’œil au Maharaja à Lausanne”

  1. Xavier septembre 17, 2014 at 21:58 #

    J’ai bossé deux ans en face du Maharaja et je peux confirmer l’austérité du patron… mais aussi celle de sa cuisine. Le Maharaja est vite devenu le plan des jours pressés ou de pluie, et où l’on veut éviter de marcher jusqu’au centre. Perso j’ai toujours trouvé fade mais il faut dire que je suis plus cuisine Tamoul que Penjab.

    A chaque fois que je dine au Penjab je maudit Lausanne et ses ving-huit spots à burgers mais si rares échoppes exotiques de qualité.

    • Lukas Menal septembre 21, 2014 at 11:33 #

      Merci pour ce feedback. Je ne peux que plussoyer à ta complainte sur les burgers. Pour tout dire je suis un poil frustré par mes expériences indiennes. Je trouve toujours bon mais jamais bouleversant.

  2. La semaine d'une gourmette septembre 18, 2014 at 10:46 #

    Je fréquentais pas mal le Maharadjah à son ouverture (il y a 20 ans environ…), mais j’ai arrêté. Pas parce que c’est mauvais (j’aime beaucoup leur cuisine) mais :
    – Ils ne livrent plus
    – Le patron est devenu désagréable au possible (ce qui n’était pas le cas au début), et pour moi c’est un défaut rédhibitoire
    – L’assiette du jour à midi est vraiment pour petit mangeur, donc chère pour la quantité.

    • Lukas Menal septembre 21, 2014 at 11:30 #

      Merci pour ton commentaire! Il est donc comme ça avec tout le monde… Pas pro le monsieur. Et ça lui fait perdre des clients. Comme quoi.

  3. laurent septembre 21, 2014 at 09:33 #

    Je ne comprends pas que l’on puisse mettre en avant ce genre d’établissement qui ne reflète absolument pas toute la finesse de la cuisine indienne. Mais c’est un peu récurent dans notre région, si qqun a une bonne adresse je prend volontiers

    • Lukas Menal septembre 21, 2014 at 11:27 #

      Bonjour Laurent, merci pour ton commentaire. Je ne suis pas très sûr de ce que tu entends par la finesse de la cuisine indienne qui me semble être une notion toute relative. Les deux adresses qui sortent du lot à Lausanne sont le Laxmi et le Nandanam. J’en oublie sûrement. En dehors, le maharajah est un endroit tout à fait dans la ligne de ce que je couvre dans ces colonnes. Il n’y a pas de raison de l’écarter.

  4. Yoan octobre 30, 2014 at 00:43 #

    Cela fait depuis plus de 17 ans que je suis un client régulier au maharaja. Il est vrai que le patron, à première vue, peut être desagreable. Mais c’est en engageant la conversation avec lui un soir d’été que j’ai été surpris. En effet, derrière ce visage aux traits durs, se cachent un homme fort sympa et très genereux. J’ai fait appel à ses services quelque fois pour des banquets et je n’ai jamais été decu. Difficile de rester constant. Mais une chose est sur, sa cuisine est irréfutablement une des meilleures de Lausanne. Etant indien du penjab, le Maharaja me rappelle les bons vieux plats que me préparait ma grand-mère. Son agneau a la canelle et sa purée de navet font partis des incontournables.

    Ps: osez parler au patron et vous serez surpris par sa
    Gentillesse!

  5. Claire avril 27, 2017 at 18:38 #

    Je viens de tester ce restaurant avec des amis et nous avons beaucoup aimé nos plats, par contre les naans… quelle déception! Ultra secs, limite immangeables!

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