Bon plan restaurant à Rome: l’Asino d’Oro

J’ai une méfiance acquise pour les restaurateurs italiens. De passage à Rome, j’ai l’impression que tomber sur autre chose qu’un attrape-touriste si on y connais rien est aussi probable que croiser le Pape en mobylette dans une rue de Trastevere.

Pourtant, lors de mon récent séjour dans cette antique cité, j’ai profité de fabuleux repas qui mettent en avant l’attachement des transalpins aux recettes simplissimes à base de produits de grande qualité. Détrompez-vous, je n’ose pas encore entrer en toute confiance dans une gargote que je n’ai pas inspectée de fond en comble sur la Toile. Je coupe et recoupe les sources sur Tripadvisor, sur les blogs et sites dédiés aux voyages.

C’est d’ailleurs au prix de nombreuses recherches que j’ai mis la main sur l’Asino d’Oro. Je ne vous fait pas le coup de « la petite adresse secrète que je devrais garder pour moi, mais que je vous la donne quand même parce que je suis trop bon ». Les bonnes tables ça se partage, un point c’est tout. Ceux qui prétendent faire autrement n’ont qu’à se noyer dans le quinoa.

Pas très loin de l’arrêt de métro Cavour, ce restaurant de quartier à la décoration moderne sert un pranzetto le midi pour un prix défiant toute concurrence. Ce menu 4 plats, bouteille d’eau et verre de vin est à 13 € seulement. C’est tellement calculé au plus juste que les cartes de crédit ne sont pas acceptées. Je vous livre-là un très bon plan à garder de côté si vous voulez vous faire un bon repas bien italien en journée, le tout sans vous ruiner.

terrasse-asino-d-oro

L’intérieur de l’Asino d’Oro est lumineux et décoré au goût du jour, pas de fausse Joconde ni de reproduction douteuse d’une fresque de Michel-Ange. A l’image de la décoration, l’équipe au service est jeune, avenante et dynamique. C’est vraiment très agréable dans une ville bien placée pour remporter la palme du mauvais service avec supplément froideur et antipathie. Après ce séjour romain, pendant lequel j’ai exploré plusieurs adresses de nouvelle génération, j’en viens à penser que les meilleurs sont peut-être à chercher du côté des contemporains plutôt qu’au fond des vieilles osteria fumeuses. C’est peut-être moi qui m’assagit, mais l’exemple du présent restaurant est sans appel.

Déco Asino d'Oro

La remarque est d’autant plus valable que la modernité du lieu n’empêche pas l’Asino de servir une cuisine carrément ancrée dans la tradition locale. Il suffit de constater que le client est mis en appétit par une bruschetta aux tomates, toute simple. On ne renie rien du tout ici, au contraire, on met en valeur le savoir-faire durement acquis.

Bruschetta

La soupe aux pommes de terre apporte une touche paysanne au menu. Comme pour chaque plat servi, une généreuses coulée d’huile d’olive est ajoutée juste avant d’envoyer histoire d’être bien certain que vous savez où vous vous trouvez. Les pieds sur terre, la tête au Sud.

 Soupe à l'Asino d'Oro

Le primo, un cannelloni à la ricotta et basilic est tellement classique que j’ai cru que je mangeais un violon. Pourtant, sa mélodie sonne juste: le fromage, savoureux, a de la tenue, tomate et béchamel se répondent bien et la pasta est ferme. 10/10.

Cannelloni à l'Asino d'Oro

Le menu s’avère plutôt léger jusqu’à l’arrivée de cette monstrueuse cuisse de poulet (ou est-ce un autre animal!?) dressée sous un nappage de sauce aux poivrons rouges. Un molosse que les petits ventrets auront toutes les peines à finir. La peau grasse, épaisses et un peu gluante (elle pourra être écartée par certains) est bien frottée au sel et aux herbes.  La viande se détache des os toute seule et sa chair foncée est restée humide. La cuisson a dû être longue car certains morceaux ont atteint un stade de fondant extraordinaire. Le plat est peut-être un peu lourd, comme en témoigne l’huile d’olive ajoutée sur une peau déjà bien présente. Je ne me plains pas, je vous préviens juste.

Poulet aux poivrons à l'Asino d'Oro

Le chef Lucio Sforza délivre une cuisine limpide, sans chichi mais qui sait tirer le meilleur parti d’ingrédients bon marché, mais de qualité, grâce à un niveau technique élevé. Un peu comme si les recettes éprouvées de la campagne italienne étaient venues à la rencontre des gourmets urbains. Un menu exemplaire au sens premier du terme dont beaucoup de restaurateurs auraient à apprendre.

L’Asino d’Oro renvoie mes préjugés dans les cordes et démontre que Rome, grâce à sa tradition culinaire brillante, a un énorme potentiel gastronomique à réaliser. Trop d’adresses sont encore à la traîne et proposent des menus touristiques sans intérêt pendant que d’autres se décarcassent pour proposer de véritables expérience gastronomiques à vil prix et font avancer leur ville.

Lors de votre prochain séjour à Rome, n’hésitez pas à prévoir un arrêt dans ce ristorante exemplaire. Bien-sûr, vous pourrez vous faire plaisir le soir avec une carte fournie et plus pointue. Vu la performance de ce midi, on ne peut qu’imaginer le festival.

 

L’Asino d’Oro
Via del Boschetto 73
00184 Rome
Italie
Tél: +39 (0)6 489 138 32

3 Responses to “Bon plan restaurant à Rome: l’Asino d’Oro”

  1. La semaine d'une gourmette septembre 29, 2014 at 12:03 #

    Miam ! Merci pour cette adresse. J’adore Rome (et j’y ai aussi quelques adresses, on mange fabuleusement bien dans cette ville si on sait choisir).
    Et je vais faire ma chieuse : au singulier, on dit « le primo » :-pppp

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *