BD: A boire et à manger – Guillaume Long

Couverture du livre a boire et a manger

Lorsqu’on est un vrai dingue de bouffe, on ne se contente pas de simplement mitonner des petits plats ou d’écumer les restos du coin. La passion est dévorante et on se surprend à intégrer la gastronomie dans tous les aspects de sa vie. Les vacances deviennent prétexte à découvrir des spécialités ou à faire la tournée des caves. Pour les anniversaires, vous recevez systématiquement des ustensiles de cuisine plus ou moins utiles ou les condiments les plus fins. Même vos lectures sont propices à assouvir vos envies de bonne chair. C’est d’ailleurs très bien, je vous encourage à vivre au nom du foie gras et de la coquille Saint-Jacques.

Guérilla Gourmande vous a compris et va donc aussi passer en revue les lectures qui sauront contenter vos appétits culturels. Quand je dis vos appétits culturels, ce sont ceux qui sentent le filet mignon, vous l’avez compris.

Je vous parle de la vie quotidienne du gourmand et c’est justement le sujet des petites cases de Guillaume Long. Auteur de bande dessinée et illustrateur, il anime avec passion le blog A boire et à manger sur le site du Monde. Il y raconte avec humour sa vie culinaire: ses petites spécialités, ses astuces de cuisinier, les adresses qui lui tiennent à cœur ou encore les troubles obsessionnels gastronomiques qui émaillent ses tribulations. Un véritable journal de bord dans lequel Guillaume documente son propre parcours et sa sensibilité à tout ce qui touche à la nourriture.

Depuis 2009 que le blog existe, le contenu s’est suffisamment étoffé pour sortir un livre À boire et à manger. On peut donc maintenant avoir tous ces beaux dessins chez soi, sur du papier de bois d’arbre!

Le style de cette bande dessinée est en ligne avec son propos. Un dessin simple mais diablement efficace pour mettre en lumière la forme des poissons adorés et les mimiques de l’auteur bavant devant des poulets rôtis tournant sur leur broche. Je me suis reconnu sans cesse dans cet auto-portrait et vous ferez de même si vous êtes de ceux qui planifient leurs voyages en fonction des restaurants à visiter.

A boire et à manger, c’est aussi une approche décomplexée et curieuse de la cuisine. Un peu comme ici quoi! Le plaisir de découvrir la tomate et ses différentes variétés. La délicieuse simplicité d’un pesto à base d’ail des ours qu’on a cueilli soi-même. Tout ça, c’est avant tout une histoire de plaisir et de découverte.

Autre aspect intéressant, le Long est un mammifère qui évolue entre la France et la Suisse. Natif de Genève, il a aujourd’hui traversé la frontière pour s’installer dans le Jura français. Il dépeint donc le rituel de la raclette, sa fascination pour la Coop ou encore l’inénarrable restaurant chinois et lausannois Chez Xu. Une raison de plus de se reconnaître dans les bulles de cet auteur qui, en excellent bédéiste, sait observer les détails essentiels qui constituent le sel et le poivre de la vie de tous les jours. L’air de rien, c’est important. On a que quelques cases pour décrire et faire vivre tout un tas de choses. Et c’est encore plus difficile lorsque la moitié de ces cases sont consacrées à dessiner des fruits, des légumes et de la viande.

Ce premier tome de A boire et à manger peut se lire comme on s’envoie une assiette de spaghetti à l’huile et au piment, engloutie en quelques bouchées affamées. Mais il peut aussi se savourer petit-à-petit,  goutte à goutte, comme le meilleur des vins.

Sachez, pour finir, que si votre appétit est vraiment gargantuesque, il existe un tome 2: À boire et à manger (Les pieds dans le plat). Je ne l’ai pas lu mais je sens que je vais faire comme avec le chocolat et me relever la nuit pour en reprendre un peu.

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